La mise en place d’une formation digitale, ou FOAD, induit de la multimodalité. Celle-ci suppose alors la mise à disposition de diverses ressources à destination des apprenants. Ces ressources peuvent être de multiples formats, PDF, Words, et autres documents permettant aux apprenants d’enrichir leurs apprentissages ou encore de trouver des réponses à leurs recherches.

Mais les ressources peuvent également être interactives pour permettre l’auto-formation des apprenants. Alors, celles-ci doivent faire l’objet d’une ingénierie spécifique. En effet, il s’agit généralement de former l’apprenant sur les fondamentaux du sujet de la formation. Il convient donc de viser l’efficacité.

Première étape, la pédagogie

Réaliser des ressources interactives n’est pas une affaire à prendre à la légère. Il ne s’agit pas de reproduire de l’existant, mais de préparer une véritable formation, de générer de réels apprentissages. Alors, la première étape consiste à définir le ou les objectifs pédagogiques de chaque module que l’on veut proposer. Cette étape est cruciale, car elle va déterminer l’approche pédagogique, la progressivité, et sa capacité à former les apprenants. Mais aussi le niveau de granularité de chaque module. L’objet de la formation peut alors être rendu accessible par le travail préalable du formateur pour le mettre en forme de telle manière que l’apprenant puisse se passer de lui.

Il existe par ailleurs, des outils utiles pour s’assurer de la progressivité indispensable au module à réaliser. Par exemple, la taxonomie de Bloom est l’outil généralement utilisé pour décrire clairement les objectifs pédagogiques et ainsi s’assurer d’une progressivité adaptée. Celle-ci permet également de décrire des objectifs pédagogiques qui soient atteignables et dont on pourra évaluer l’atteinte.

Cet écriture, que l’on nomme généralement « synopsis » en formation digitale, va donc décrire toutes les étapes nécessaires à l’atteinte de chacun des objectifs. Cette étape vise également à s’assurer de la cohérence et de l’alignement pédagogique indispensable. Cet alignement pédagogique doit être justifié entre les objectifs pédagogiques, l’évaluation de leur atteinte, et les contenus d’apprentissage. Puis, le synopsis est présenté au commanditaire, qui doit le valider avant de passer à l’étape suivante. Il doit donc en comprendre le déroulement. La description doit être précise et compréhensible, même pour un non initié à la pédagogie.

Cette étape est parfois ignorée par des concepteurs qui estiment qu’elle représente une perte de temps. Et que commencer à l’étape suivante, celle du storyboard, est bien suffisant. Mais, il s’agit de porter un regard sur l’atteinte des objectifs et non sur les différents visuels et autres interactions qui seront possibles pour l’apprenant. Il est utopique de croire être capable de réaliser un module autoformatif efficace sans passer par cette étape. Le risque d’être détourné de son attention sur la pédagogie est important, car la recherche de l’organisation visuelle et du fonctionnement apporte une charge supplémentaire.

Deuxième étape, l’expérience utilisateur

Parce que le synopsis n’explique que le déroulement pédagogique d’un module, et que le producteur final du module n’est pas nécessairement un pédagogue, on doit l’aider à comprendre ce que l’on attend de lui. Généralement, les producteurs sont des graphistes ou des experts en production de contenus. Leur proposer un storyboard leur permet alors de comprendre les attentes du concepteur.

Un storyboard est, comme pour le cinéma, un détail de chacun des écrans qui constituent un module. Chaque écran doit être détaillé, et tous les éléments proposés par le synopsis sous forme pédagogique doivent être repris ici. Chaque écran imaginé dans le synopsis devient visuel, une image des attentes du concepteur. Les choix de couleurs et d’images y sont clairement détaillés.

Chaque élément, texte, visuel, image, est positionné et une explication détaille son apparition, son fonctionnement… Les voix off sont écrites et référencées afin de pouvoir les faire enregistrer et les synchroniser ensuite lors de la phase de production. Pour réaliser un storyboard il n’est pas nécessaire d’être un pédagogue, mais il est fondamental de posséder un synopsis bien réalisé.

Il existe de multiples manières de réaliser un storyboard, de multiples outils sont utilisables. Il peut s’agir d’un PowerPoint, un document Word, ou autre de type Excel par exemple. L’important c’est le niveau de détail fourni pour le producteur, qui pourra réaliser le module avec l’outil le mieux adapté aux attentes.

Conclusion

Il est donc important de passer par ces différentes phases pour produire un module interactif efficace. On ne peut pas réaliser cette tâche en quelques petites heures. Il faut préparer les fondations avec un synopsis puis un storyboard avant même de choisir le ou les outils avec lesquels sera produit le module. Le choix des outils de production n’est pas une fin mais un moyen. Ce choix doit répondre à des critères pédagogiques et non se faire sous la pression marketing. Alors le réalisateur pourra s’attacher à favoriser l’affordance⁠1 du module. Vous serez assuré d’apprentissages réussis avec vos modules. 

Observez ci-dessous une exemple de synopsis et un autre de storyboard.

Exemple de synopsis

Exemple de storyboard

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1 Capacité d’un objet à suggérer sa propre utilisation