Aborder la question de la FOAD en formation c’est s’engager dans la voie de l’accompagnement, indispensable, mais aussi obligatoire.

Qu’est-ce que le tutorat en FOAD ?

La FOAD suppose de porter une grande attention à l’accompagnement. Il n’est pas possible de considérer l’accompagnement comme pouvant être réalisé uniquement lors des phases présentielles, si elles existent. Cet accompagnement doit être prévu initialement, et avoir fait l’objet d’une ingénierie spécifique pour assurer des apprentissages efficaces.

Il est donc indispensable de connaître les différentes fonctions tutorales applicables. Il est aussi nécessaire de ne pas considérer le tuteur comme un simple animateur, car celui-ci revêt une importance capitale pour le maintien de l’assiduité. Mais aussi à la capacité pour l’apprenant d’aller jusqu’au bout de sa formation. Tuteur ou enseignant, les fonctions peuvent d’ailleurs se confondre, ou s’accumuler.

Les fonctions tutorales sont multiples, mais elles doivent surtout être adaptées à chaque dispositif. Celles-ci seront différentes sur des formations individuelles et des formations regroupant un nombre important d’apprenants en simultané. Par exemple, pour une formation individuelle, une seule personne peut regrouper les différentes fonctions des tuteurs, on pourrait parler de tuteur orchestre. Mais, pour une formation plus importante, il sera nécessaire de répartir les fonctions tutorales selon les besoins en expertises liés à la formation.

Les fonctions tutorales

Quelques exemples :

Un tuteur administratif peut être responsable de tout ce qui touche à la relation administrative. Il agira bien en amont de la formation, pour la préparation du dossier de l’apprenant, ses financements, etc. Son rôle sera ponctuel. Mais il sera probablement sollicité plusieurs fois dans la formation, ou encore à la fin de celle-ci. Ce rôle peut être tenu par une personne n’ayant pas les qualités d’enseignant, mais qui aura été formé à minima à cette fonction. 

Un tuteur technique peut être responsable de l’entrée en formation des apprenants. Par exemple, se charger de les guider vers la plateforme, répondre aux sollicitations en cas de problèmes techniques divers, etc. Il devra être à l’aise avec la technologie et être capable de résoudre tous les problèmes liés.

Le tuteur cours, lui, peut être un enseignant ou une personne formée à cette modalité particulière. Une grande partie de la réussite de la formation repose sur ses épaules. Il doit être réactif, mais également proactif. Seulement, comme toujours, il s’agit de trouver le juste équilibre . Être trop proactif pourrait s’avérer contre-productif et frustrer l’apprenant, l’empêcher de s’engager. De même que de ne pas être suffisamment réactif pourrait voir diminuer l’assiduité des apprenants en manque de repères. Dans l’ensemble, on peut estimer que la proactivité sera plus importante au démarrage de la formation. Le tuteur deviendra plutôt réactif avec l’avancée de l’apprenant dans la formation. Un apprenant a besoin d’être soutenu et guidé au démarrage d’une formation, surtout s’il n’a jamais suivi de formation en ligne. Mais, il a aussi besoin de liberté, et qu’on lui laisse prendre des initiatives. Ce besoin augmente naturellement avec le temps passé dans la formation.

Ces trois exemples sont ceux qui répondent le plus souvent aux besoins d’une FOAD, mais ne sauraient être uniques. Cependant, ils peuvent représenter un minimum de fonctions présentes.

Les deux premières fonctions ont pour but l’allègement de la charge des apprenants. Ces derniers devant se focaliser sur leurs apprentissages ne doivent jamais avoir à apprendre en parallèle les rudiments de la technologie utilisée, ou encore être confrontés aux diverses contraintes administratives.

La fonction du tuteur cours, elle, permet à l’apprenant de réguler ses apprentissages, notamment grâce au plan métacognitif. C’est le rôle du tuteur cours de favoriser la rencontre de chaque apprenant avec les apprentissages, mais également avec sa propre métacognition. Afin de l’aider à comprendre comment apprendre à apprendre. C’est également ce tuteur qui aide l’apprenant à savoir où il se situe dans le cours et qu’elle en sera la suite, les évaluations, les attentes de production… Laissés à eux mêmes, les apprenants peinent à trouver la motivation à apprendre. Le tuteur cours aide les apprenants à comprendre, à doser leurs efforts notamment. Si l’apprenant met trop de temps pour comprendre le problème, la dose d’effort alors produite verra d’autant diminuer celle produite pour la recherche de solution⁠1.

Les plans de support

Pour répondre à ces différentes fonctions, un apprentissage est nécessaire. Car chaque tuteur doit être en mesure de connaître les différents plans sur lesquels devront s’appuyer ses interventions. On peut citer les plans mis en avant par Jacques Rodet qui sont :

Cognitif, et correspond au besoin d’aide pour apprendre

Socio-affectif, pour créer et maintenir un lien d’affection avec la formation ou avec ses pairs

Motivationnel, qui répond au besoin de soutien dont peut avoir besoin un apprenant

Métacognitif, pour aider l’apprenant à comprendre ses propres processus cognitifs et les corriger pour les rendre plus efficaces

Il s’agira alors, avant la formation, d’établir, non seulement les profils des Il s’agira alors, avant la formation, d’établir, non seulement les profils des tuteurs, mais également les besoins des apprenants en matière d’accompagnement. Une première étude de criticité viendra éclairer sur les besoins en matière de tutorat.

Enfin, un autre type de tutorat n’a pas été cité ici, il s’agit du tutorat par les pairs, ayant un rôle important qui doit également être considéré par l’ingénierie tutorale.

Alors, le scénario tutoral pourra être rédigé afin que les tuteurs puissent être aidés et orientés dans leurs tâches d’accompagnement. Voir l’exemple ci-dessous.

Observez ce storyboard d’interventions tutorales

Lien vers le storyboard des interventions tutorales

1 Steve Masson, Activer ses neurones pour mieux apprendre et enseigner, 2020, p 60, Editions Odile Jacob