EvolutionL’évolution exponentielle de notre société induit de nouvelles attentes en termes d’apprentissages. Ce qui impose aux organismes de formation (OF) de s’adapter pour répondre aux attentes des entreprises, en termes de compétences à acquérir notamment. Bousculés par l’arrivée du numérique, la plupart d’entre eux ont subis la vague numérique, alors que la majorité des grandes entreprises s’exerçaient à répondre à leurs besoins en internes. Ce domaine est alors devenue celui des RH. De leur position, les apports du digital ont permis de développer de nouvelles compétences pour répondre à leurs attentes. Le développement des celles-ci, en interne, devient alors plus facile, moins couteux. Dans le même temps les OF peinent à effectuer leur transformation digitale, et les plus peinalisés sont les personnes ayant besoin de développer les compétences de bases, c’est-à-dire la partie la plus défavorisée de la population, celle qui à besoin d’aide pour un retour vers l’emploi.

Mais alors, comment peut-on espérer aujourd’hui une évolution rapide, pour faire face notamment aux GAFA, qui lorgnent sur un marché qu’ils sentent florissant et à leur portée ?

PME, TPE et organismes de formation, premiers concernés

formation en ligneAlors que partout nous entendons parler de la révolution des formations, il est temps de parler d’un retour à la normalité, en termes d’apprentissages. En effet, cette révolution n’aura pas lieu, tout au plus sommes nous capable d’évolution.

L’arrivée du digital en formation n’a pas toujours profité aux apprenants, celui-ci étant souvent détourné pour servir d’autres intérêts. Mettre la formation à disposition des apprenants, dans des lieux dédiés à la formation, avec parfois un formateur pour régler les problèmes techniques, plus que pour apporter un soutien aux apprentissages, est devenue courant. Dans ce cadre, comment espérer générer de la motivation à suivre une formation, de part et d’autre. Comment peut-on attendre d’un apprenant qu’il trouve du sens à la formation qu’on lui propose ? Et comment vendre ces formations aux PME et TPE alors qu’elles ne répondent que très partiellement à leurs besoins ?

On ne peut espérer répondre aux besoins de développement des compétences, nécessaires aux entreprises, qu’en impliquant celles-ci dans le processus de formation. Il s’agit alors de porter un regard nouveau sur les apprentissages, rien de révolutionnaire, mais une simple évolution et beaucoup de bon sens.

Un regard systémique sur les apprentissages

réseauxLier les entreprises et les OF, CFA … à la mise en œuvre des formations relève du bon sens.

Le digital et notamment les plateformes (LMS) favorisent cette vision systémique et autorisent la mise en avant des compétences développées, tant formelles qu’informelles, en centre de formation et, dans le même temps, en entreprise.

Il est possible d’aménager les espaces de formations pour prétendre à cela. Partout le LMS devient le cœur, le point central de la formation.

L’organisme de formation peut mettre à disposition de ses apprenants des espaces formels, où le formateur est présent et dispense son cours lorsqu’il l’estime nécessaire. Mais il devient un guide dans ces mêmes lieux, en proposant des activités selon des méthodes inductives, et génère des activités collaboratives entre pairs. Le formateur se positionne en parallèle des pairs dans les apprentissages informels (Anne Gaudy Muller, 2017). Dans les mêmes lieux, des espaces réservés aux activités non formelles sont mises à disposition. Une ingénierie didactique adaptée doit permettre de changer les pratiques pour s’adapter aux besoins sociétaux. Dans ces espaces, les activités collaboratives sont effectuées, recherches, échanges … Cela pousse à la réflexivité et favorise l’apprendre à apprendre, compétences nécessaires à l’évolution de chaque individu.

De plus, le faire par soi-même (do it yourself) dégage un sentiment de maîtrise et d’indépendance. Cela favorise l’apparition du flow et renforce la motivation intrinsèque des apprenants.

Placer l’apprenant et l’entreprise au centre de la formation

Former les apprenants, apprentis, en situation de travail semble être une solution intéressante.

TravailLa formation en situation de travail (FEST) est expérimentée depuis 2015, et mise en place pour répondre aux besoins des entreprises. Il ne s’agit pas de formation « sur le tas » ni de stage. Il est nécessaire pour ce faire, de réaliser une analyse très fine des besoins de l’entreprise concernée et de mettre en place une ingénierie didactique adaptée aux différents besoins. Cela induit une haute qualité de réflexion de la part de l’organisme qui met en place la formation. Mais il doit y avoir une réelle volonté du coté de l’entreprise, de participer à ce type de formation.

Cette nouvelle manière de proposer la formation apporte, au delà d’une augmentation de la qualité, une possibilité de valoriser l’ensemble de apprentissages. Formels, mais surtout informels, ceux qui ne sont généralement pas évalués, ni même mis en avant. Ceux-ci sont pourtant promus par la commission Européenne dans un mémorandum. Ensuite, pour les individus ne possédant pas les compétences dites de bas niveaux, il est possible de les développer plus facilement sans freiner développement des autres. Tout cela devient possible grâce au numérique et notamment le LMS, qui est bien le point central de la formation. Les apprenants pouvant y avoir accès lorsqu’ils sont en entreprise, tout comme leurs tuteurs. Lorsqu’un des deux a besoin d’effectuer une vérification sur une procédure par exemple, il peut trouver une ressource, une vidéo explicative, en juste à temps. D’où l’intérêt du regard systémique sur la formation.

Un savoir mobile et redistribuable

bibliothèquePour arriver à mettre en place la FEST, les organismes de formations, formateurs, doivent être prêts à partager leurs savoirs. Ceux-ci ne sont pas statiques, ils se construisent d’équipes et de réseaux, donc d’échanges (Leimone et Ryymm, 2003). C’est à partir de réseaux humains qu’il est possible de co-construire la connaissance. Si nous voulons élever le niveau de connaissance de notre société, favoriser l’apprenance, qui reflète clairement l’action d’apprendre, ce partage en est la fondation.

Il convient alors également de former les formateurs pour qu’ils deviennent des acteurs de ce changement, de cette transformation des apprentissages. Leur fournir la possibilité d’élever leur niveau de connaissances et favoriser de nouvelles compétences sur un marché où celles-ci deviennent un point d’ancrage à la formation tout au long de la vie.

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